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  • Auteur
    Karim
  • Date
    09.03.2026
  • Temps de lecture
    5 min
  • Catégories
    AI
    UX
Navigation Conversationnelle

Une barre, c'est tout!

Une barre, c'est tout!

Et si l’interface la plus importante de votre site web n’était plus le menu de navigation, mais une barre de dialogue ?

Depuis quelques années, une nouvelle interface commence à apparaître sur certains sites : la navigation conversationnelle : Une simple barre où l’utilisateur demande ce dont il a besoin et lui évite de deviner où cliquer.
Si cette approche devient de plus en plus commune, c’est qu’elle répond à une évolution profonde : la manière dont nous interagissons avec les interfaces est en train de changer.

On ne cherche plus, on demande.

Pour certains utilisateurs, jeunes ou moins jeunes d’ailleurs, ranger des documents dans des dossiers, eux-mêmes organisés en sous-dossiers, serait au mieux une perte de temps, au pire une charge mentale.
Chez cette catégorie d’utilisateurs, un capharnaüm de fichiers hétéroclites et superposés arbitrairement ne provoque ni malaise ni anxiété, et est souvent privilégié à l’ennui d’un bureau bien rangé.

À quoi bon ranger lorsque la barre de recherche d’un explorateur permet de retrouver instantanément ce dont on a besoin?

A cela, s’ajoutent les siri et autres assistants vocaux. Sur le web, on ne cherche plus par mots-clé, on dicte son besoin. Google pousse des réponses synthétisées avant de servir une liste de liens.

Autrement dit, on navigue de moins en moins dans un contenu structuré. On communique ses besoins, la « machine » répond et comble les approximations.

Face à ces usages, les interfaces web traditionnelles commencent à montrer leurs limites. Les menus, méga-menus ou burgers reposent tous sur la même logique : une structure prédéfinie que l’utilisateur doit comprendre avant d’avancer.

Mais dans un monde d’interfaces conversationnelles, cette rigidité séduit de moins en moins.


Chatbot Pixy de beobank
Le chatbot Pixy de Beobank propose un principe de questions / réponses basé sur un arbre décisionnel.

Les chatbots : les prémices des interfaces conversationnelles

Bien avant l’arrivée des LLMs, les entreprises rêvaient déjà de chatbots.
Pendant des années, ces outils ont été construits sous forme d’arbres décisionnels : des scénarios très cadrés où l’utilisateur choisit entre quelques options.

Cela fonctionne pour des cas simples (support, FAQ) et l’idée est séduisante : Un vendeur virtuel capable de répondre aux questions, de conseiller et de désengorger le support client, mais dans la pratique, beaucoup de projets restent difficiles à déployer :

  • Préparation et structuration des données ;
  • Coût de développement ;
  • Intégration avec les systèmes existants ;
  • Qualité parfois inégale des réponses.

Et surtout, ce type d’interfaces reste pauvre pour explorer un site web. Un site offre du contenu, des visuels, des interactions… tout ce qu’une simple fenêtre de chat ne peut pas exploiter pleinement.


La navigation : un guide bien utile, mais imparfait.

Concevoir une navigation claire est un défi permanent.
Faut-il organiser le contenu par produit ? par audience ? par usage ?
Menu simple ou méga-menu ? Et puis… Comment guider les visiteurs qui arrivent directement sur une page interne (près de 60 % du trafic) ?

La solution a souvent consisté dans l’ajout d’une barre de recherche. Remède ultime aux structures complexes.
Même avec un excellent travail UX qui pousse à l’avant plan les contenus les plus pertinents, on échappe difficilement à cet élément d’interface.

Et pour une bonne raison, les chiffres sont frappants :

  • 43 % des visiteurs utilisent directement la barre de recherche
  • Ces utilisateurs représentent 15 à 30 % du trafic
  • mais génèrent jusqu’à 45 % du chiffre d’affaires e-commerce (Opensend, 2024)

Chez Amazon, le taux de conversion passe de 2 % à 12 % lorsqu’un visiteur utilise la recherche interne.
Autrement dit : les visiteurs qui cherchent sont souvent les visiteurs les plus qualifiés.
Pourtant, plus de 80 % des entreprises n’optimisent ni ne mesurent leur moteur de recherche interne (AddSearch, 2024).


De la recherche à la conversation

C’est ici que les modèles de langage deviennent vraiment intéressants. Leur force n’est pas de remplacer la navigation d’un site mais de transformer la recherche.

Avec un LLM, l’utilisateur peut simplement décrire son besoin :

  • “Un repas simple pour une famille de quatre”
  • “Un week-end romantique près de Paris”
  • “Des baskets pour courir sous la pluie”

Plutôt que d’ajouter un chatbot en plus de l’interface existante, une approche beaucoup plus efficace consiste à fusionner recherche et conversation dans une seule barre, qui serait dès lors capable de :

  • Comprendre l’intention de l’utilisateur ;
  • Explorer le contenu du site ;
  • Réorganiser les résultats ;
  • Générer une expérience presque sur mesure.

La recherche devient alors une nouvelle forme de navigation dynamique.
D’ailleurs, on ne cherche plus, on demande.


Au delà d'un produit spécifique, la recherche sur Walmart tient compte d'un objectif (avoir chaud), ou d'une tendance.

Walmart, Spotify, Airbnb : ils s’y mettent

Plusieurs grandes plateformes ont déjà adopté cette logique.

Walmart a lancé en 2024 une recherche conversationnelle où l’utilisateur décrit son besoin en langage naturel. Résultat : +22 % de croissance e-commerce au T1 2025.

Airbnb teste depuis février 2026 la même logique sur ses logements et destinations (lien).

Zalando l’a déployée sur 25 marchés pour plus de 2 millions d’utilisateurs. Les requêtes en langage naturel y sont 3 fois plus longues que les recherches classiques.

Et Spotify permet désormais de demander « musique triste pour peindre des fleurs fanées » et de recevoir une playlist sur mesure (lien).

Le site Aether présente une barre conversationnelle comme outil de navigation principal.

Concrètement, ça coûte combien?

C’est là que ça devient vraiment intéressant. Sur un site développé autour d’une architecture headless, consommer, manipuler et réorganiser dynamiquement des sources de contenus et des composants visuels est un comportement natif.

Les solutions de recherches conversationnelles open-source comme Meilisearch ou Typesense proposent déjà un niveau de performance impressionnant et peuvent assez facilement se plugger à une architecture headless.

Le coût d’intégration dépendra surtout du niveau d’expérience visuelle qu’on souhaite proposer mais les coûts récurrents démarrent à ~30€/mois et pour monter jusqu’à 1500€ pour les très grosses architectures ou solutions plus avancées comme Algolia ou Coveo.


Et les chatbots alors, c’est mort?

Les chatbots restent utiles, mais surtout en seconde partie du parcours client :

  • Support ;
  • Assistance à l’achat ;
  • Aide à l’utilisation d’un produit ou d’une interface…

Mais pour les phases de découverte et de considération, le contenu reste central. La navigation conversationnelle offre alors un compromis intéressant : elle conserve la richesse du site tout en permettant une interaction naturelle.

En attendant, il y a des millions de barres de recherche qui ne demandent qu’à donner le meilleur d’elles-mêmes.