Ton e-shop est-t-il en ligne avec ta culture?




A l’occasion de sa release de printemps, Shopify vient de lâcher 150 nouveautés d’un coup ; on a tout relu et trié pour isoler ce qui va vraiment compter pour vos ventes, en ligne comme en magasin.
Deux fois par an, Shopify publie ses Editions, et deux fois par an, le même petit plaisir coupable : une release technique bien dense servie comme un petit événement pop culture geek. La cuvée de printemps 2026 sortie le 18 Juin, n’y déroge pas : plus de 150 nouveautés, emballées dans une landing page immersive à faire pâlir les webdesigners des pages produits Apple. C’est beau, ça claque et ça montre à quel point la forme autant que le fond peuvent influencer l’aura et la perception d’une marque.
Mais restons concentrés sur le fond ; qu’est-ce qui ressort de ce méga changelog? Le mot de l’année côté fournisseur SaaS, on vous en parlait il y a quelques semaines c’est “agentic”, ou l’art de rendre chaque outil lisible et manipulable par les agents IA. Shopify a bien veillé à cocher la case avec application; on retrouve de l’IA et des agents à tous les étages, jusque dans la version Apple Watch de l’app de gestion de shop.
Mais ce serait une erreur de ne retenir que ça parce que le plus consistant de la release se joue à la caisse, dans le paiement et sur le B2B.
Demain, une partie de vos clients n’ouvrira plus votre site, elle enverra son agent faire les courses. C’est en tout cas le pari posé par Shopify : ChatGPT et consorts deviennent des canaux de vente à part entière, pilotés depuis l’admin Shopify au même titre.
Concrètement, Shopify a co-signé avec Google un standard ouvert qui rend chaque boutique lisible par les assistants IA, de la découverte du produit jusqu’au paiement. Rien à installer, rien à configurer : toutes les boutiques le parlent d’office. Des données propres, structurées et accessibles, ça paie : selon Shopify, les recherches IA qui s’appuient dessus convertissent deux fois mieux que celles qui imposent un bon vieux scrapping. En coulisses, Sidekick, l’assistant intégré à l’admin, peut aussi abattre du travail en tâche de fond, piloté par vos agents préférés.
Et ça se chiffre déjà.
La marque de linge de maison Cozy Earth a vu ses revenus issus des canaux IA multipliés par 20 en un an (ndlr: on n’a pas l’info du chiffre de départ 🤓).
L’IA nous aidera volontiers à commander de la lessive en trois secondes mais elle n’est pas prête de remplacer le plaisir de pousser la porte d’un magasin, de découvrir, de toucher, d’essayer des produits.
La version 11 de la solution PoS (Point-of-Sale) Shopify suit exactement cette ligne : accélérer l’encaissement, puis se faire oublier. Présentée comme la plus rapide de l’histoire de la plateforme, elle gagne plus d’une minute sur les encaissements complexes (Shopify, 2026) : panier visible en permanence et raccourcis clavier. Une minute par client, multipliée par une file de samedi après-midi, ça change une journée de vente… et l’expérience d’achat en magasin.
Le reste règle des galères de comptoir, une par une:
Derrière cette évolution majeure du système PoS, le message est clair: pour Shopify, le futur de l’e-commerce est plus que jamais omnicanal et la vente en magasin continue à y occuper une place importante!
Petite précision avant tout, parce qu’on confond souvent deux solutions Shopify. Shopify Checkout, c’est le tunnel de paiement commun à toutes les boutiques Shopify, ultra-optimisé version après version pour convertir. Shop Pay, c’est le portefeuille qui vit à l’intérieur : un compte acheteur, carte et adresses enregistrées, paiement en un clic et app mobile pour suivre vos achats sur tous les stores compatibles.
Jusqu’ici, pour profiter de Shop Pay, il fallait obligatoirement un shop Shopify. C’est terminé : Shop Pay s’ouvre à toutes les marques, quelle que soit leur plateforme. Il suffit d’installer le plugin “Shop Pay” et plus de 250 millions de comptes acheteurs, carte de paiement enregistrée deviennent accessibles en un clic. Avec cette nouveauté, Shopify lance une attaque frontale massive sur le territoire de PayPal, déjà malmené par la montée en puisse de Apple Pay et Google Pay.
Shopify checkout, justement, a été aussi redessiné : une seule colonne pensée mobile, des moyens de paiement qui se réordonnent selon la probabilité de conversion de chaque client.
Pour nous, Européens, la release embarquent quelques attentions concrètes : la validation du numéro de TVA au checkout (Belgique comprise), de nouvelles méthodes de paiement locales et des versements multi-devises annoncés en France.
Et tout ça arrive automatiquement sur les boutiques compatibles, sans la moindre intervention technique. C’est un des gros avantage d’une solution SaaS eCommerce.
Jusqu’ici, vendre en B2B sur Shopify (ex: portail dédié pour revendeurs) supposait un abonnement “Plus” à plus de 2.000 euros par mois. Avec la release Shopify Spring 26’, les profils société, les tarifs négociés par volume et les catalogues dédiés sont maintenant disponibles aussi sur les plans Basic, Grow et Advanced… sans supplément.
Pour un fabricant ou un grossiste qui jongle encore entre bons de commande PDF et allers-retours de mails, c’est probablement le chapitre le plus rentable de toute la release.
Shopify a bouclé 2025 avec 378 milliards de dollars de volume de marchandises (+29,5 %) et 11,6 milliards de chiffre d’affaires (+30%), son premier exercice au-delà des 10 milliards. Environ un dollar sur sept dépensés en ligne aux États-Unis passe aujourd’hui par la plateforme. Ça en dit long sur leur position sur le marché.
Alors, quand ce genre d’acteur leader bien installé sort 150 nouveautés d’un coup, c’est un message clair à la concurrence: Shopify ne compte pas en rester là.
De notre côté, on n’est pas sûr d’avoir vraiment envie de faire nos achats en ligne via Claude ou ChatGPT. Mais un funnel de paiement encore plus fluide, une caisse entièrement repensée et des intégrations techniques encore plus simples, ça, c’est top !
Et c’est pas la team de l’Union Saint-Gilloise qui dira le contraire : leur tout nouveau webshop « made by EPIC » est propulsé par Shopify, en mode headless.