GA4 & Traffic IA - Le guide pratique

GA4 & Traffic IA - Le guide pratique
Comment identifier le trafic venu des IA sur votre site grâce à GA4, et surtout, comment l’interpréter?

Google a récemment fait évoluer GA4 pour permettre à ses utilisateurs de mieux monitorer le « trafic IA » de leur site. Ça prend la forme d’un « New AI Assistant traffic measurement », à savoir un nouveau groupe de canaux « AI Assistant », qui identifie toutes les sources de trafic venant des LLMs reconnus par Google (ChatGPT, Gemini & co).


GA4 : le canal AI Assistant

En soi, rien de fondamentalement nouveau : l’info était déjà là, le trafic venant des LLMs était juste fondu dans la masse des « referrals ». Et si votre site en compte beaucoup, c’était vite un casse-tête à trier.

Concrètement, où aller voir ? Sous la rubrique Acquisition > Traffic Acquisition ou User Acquisition. Le canal est là, sous « AI Assistant », probablement derrière les canaux plus traditionnels comme l’organique ou les referrals.

Pour connaître rapidement la plateforme LLM qui se cache derrière, ajoutez « Session source » en dimension secondaire et filtrez le rapport sur « Session default channel group » = « AI Assistant » ou « Session medium » = « ai-assistant ».

Très bien, maintenant… quel est l’intérêt ? Analyser plus facilement les performances de ce trafic et les comparer aux autres sources, notamment sur les métriques qualitatives :

  • le taux d’engagement (engagement rate) ;
  • les événements clés (key events) ;
  • le taux d’événements clés par session (session key event rate) ;
  • la valeur des événements clés, si vous leur avez attribué une valeur (automatique pour un
  • e-shop, à configurer partout ailleurs).

Le tout afin d’optimiser les performances de cette source de visites sur votre site.


Trois réglages avant de lire les chiffres

  1. Rétroactivité
    La fonctionnalité existe depuis le 13 mai 2026 et, comme beaucoup de releases chez Google Analytics (sauf la dernière justement, on vous en parle dans la prochaine newsletter), elle n’est pas rétroactive. Il va donc falloir attendre plusieurs mois avant d’obtenir des résultats pertinents.Il est possible de recréer manuellement un channel group dédié pour les données antérieures à la bascule, en suivant par exemple ces étapes documentées par Julius Fedorovicius, le fondateur d’Analytics Mania. On recommande d’ailleurs de nommer ce channel group autrement (par exemple « Chatbot referrals ») pour ne pas créer de confusion avec le nouveau.Au passage, la liste des chatbots reconnus par GA4 est assez obscure à ce stade : on ne peut pas la connaître avec certitude.Tip : annotez la date de bascule dans GA4. Sans annotation, toutes vos lectures de tendance par canal des six prochains mois seront faussées, y compris sur « Referral », qui va décrocher artificiellement puisqu’une partie de son trafic migre vers « AI Assistant ».
  2. Accès rapide
    Pour accéder rapidement aux données, une possibilité est de créer un rapport « Exploration » sur mesure (exemple : « AI assistant traffic »), ou carrément d’intégrer un rapport dans votre bibliothèque de rapports GA4.
  3. Audience dédiée
    Créez une audience dédiée ciblant les utilisateurs dont le « First user default channel group » = « AI Assistant », pour analyser plus facilement le comportement de cette audience précise (pages les plus consultées, événements clés, etc.).


Ce qu’on observe sur plus de 40 propriétés

On a vu Internet s’affoler sur des taux de conversion spectaculaires. On a voulu vérifier avec nos propres données, en prenant plusieurs mois de recul.

Sur les 40+ propriétés GA4 gérées par EPIC, à travers un large panel d’industries et de typologies de sites (vitrines, e-shops, carrières, landing pages…), les constats varient.

Première observation : le trafic mesuré sous le canal « AI Assistant » reste pour l’instant à la marge, environ 2% en moyenne, avec des pics rares à 5-6%.

Ces 2% ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Entre les clics « AI Overviews » de Google, toujours classés en organique, les applications mobiles (ChatGPT, Claude…) qui masquent leur provenance et les liens copiés-collés, 60 à 70% des visites issues des IA tomberaient en réalité dans le canal « Direct » selon plusieurs analyses (le fameux « Dark AI Traffic »).

Ce chiffre de 2% est donc un seuil, pas la réalité du marché. Le trafic réel est très probablement 2 à 3 fois supérieur, sans même parler des impressions en « Zero-Click Search » (quand l’IA répond à l’utilisateur en vous mentionnant, mais sans générer de clic).

En revanche, et c’est ce qui a retenu toute notre attention, les résultats (engagement rate, key event rate, valeur) se situent au minimum dans la moyenne du site, voire largement au-dessus dans certains cas. On ne va pas vous mentir, certains KPIs nous ont même véritablement enthousiasmés, avec des key event rates parfois 3x supérieurs à l’organique.

Ici, on n’est clairement pas sur un enjeu de volume, mais bien sur la recherche du sweet spot « faible volume, ultra-qualifié ». Cela s’explique directement par la façon dont l’utilisateur interagit avec l’IA avant d’arriver sur votre site.


Notre avis sur les taux d’engagement

Selon nous, Les LLMs est le premier canal digital capable d’exécuter la comparaison et la présélection à la place de l’utilisateur, et qui amène sur votre site des personnes qui n’avaient jamais entendu parler de vous, à un stade aussi avancé du parcours.

Là où les canaux d’acquisition digitaux traditionnels se positionnent sur une étape du funnel à la fois, un Claude aura analysé le besoin, comparé les alternatives sur une requête non brandée, et livrera une recommandation déjà arbitrée : « j’ai fait l’analyse, je vous recommande cette marque, et voici ce qu’il faut regarder ».

Notoriété et considération fondues en une seule étape, dès le premier contact avec la marque. Le visiteur débarque sur le site en connaissance de cause et avec un objectif clair.
À une condition : que les données publiées sur votre site soient exactes et complètes, puisque ce sont elles qui alimentent la comparaison.

Et comme les LLMs sont encore perçus comme des tiers impartiaux (pas sans biais, mais pas censés privilégier une marque plutôt qu’une autre), leur recommandation n’en est que plus convaincante.

Pour le moment en tout cas : la publicité arrive dans les assistants, et cette perception ne survivra pas forcément à son déploiement.


Ce que GA4 ne vous dira pas

Naturellement, très vite, une tonne de questions se bousculent :

  • « Quel prompt a suscité un clic vers mon site ? »
  • « Combien de fois ma marque a-t-elle été mentionnée sans même générer de clic ? »
  • « Comment est-ce que je monitore et optimise ce trafic ? »

Malheureusement, avec GA4, on risque vite de rester sur notre faim. On visualise bien les sources de trafic et leurs performances, mais l’information s’arrête là. D’autant plus que la fonctionnalité est très récente et que, comme mentionné plus haut, une grande partie du trafic passe encore à travers les mailles du filet.

Du côté de la Search Console, Google a ajouté une vue dédiée pour isoler la visibilité issue des réponses de type « AI Overviews ». C’est un sujet à part entière dont on vous parlera dans un prochain article, la fonctionnalité étant encore un peu trop « beta » à nos yeux.

Pour ce qui est de l’optimisation des contenus, on reste convaincu que le « GEO », c’est du SEO à peu de choses près. Nos amis de chez HeySquad aussi : on vous recommande l’article de Jérôme sur le sujet, s’il vous reste encore quelques minutes de lecture.

Par ailleurs, tant que les modèles d’IA ne deviendront pas plus transparents sur leurs sources et leurs algorithmes de citation, l’optimisation GEO relève encore largement de l’expérimentation, en mode essai-erreur.

D’autant que l’univers des LLMs est déjà hyper fragmenté. Autant Google règne encore sans partage sur la recherche web traditionnelle (en Occident en tout cas), autant les LLMs se multiplient à une vitesse folle. Autant se dire qu’il est utopique de chercher un équivalent de la Search Console version GEO : il va très probablement falloir jongler avec une multitude d’outils.


Mesurer la visibilité IA : trois pistes

Cela dit, quelques outils intéressants émergent et valent la peine d’être explorés pour tracker ce fameux « Zero-Click Search ».

Petite précision avant tout, parce qu’elle change tout : ces outils ne mesurent pas vraiment des impressions. Ils rejouent des prompts en boucle et regardent si votre marque sort dans la réponse. C’est de l’échantillonnage, pas de la mesure. Ce qui explique d’ailleurs que deux outils vous donnent rarement le même score.

Transparence oblige : on ne les a pas tous testés chez EPIC. Ce qui suit est une carte du marché, pas un banc d’essai.

Vous payez déjà Semrush ou Ahrefs ? Commencez par là. Semrush AI Toolkit (add-on, environ 99 $/mois) et Ahrefs Brand Radar (palier gratuit, puis à partir d’environ 129 $/mois) sont moins profonds que les outils dédiés, mais ils vous donnent une vue SEO + IA au même endroit, sans nouvel abonnement. Pour démarrer, c’est largement suffisant.

Vous voulez aller plus loin ? Les pure players du GEO. Otterly.ai (dès 29 $/mois), Peec AI (autour de 85 €/mois, le bon compromis pour une PME), Profound (à partir de 399 $/mois, segment grands comptes). Suivi multi-LLM, part de voix, analyse concurrentielle. Un critère avant de choisir : vérifiez la couverture des surfaces Google. Tous les outils mettent ChatGPT en avant parce que c’est le nom que tout le monde connaît, mais si vos requêtes déclenchent surtout des AI Overviews, vous ne voyez que la moitié du tableau.

Vous ne voulez rien payer ? C’est jouable. Search Console côté Google, Bing Webmaster Tools côté Copilot (Bing alimente une partie des réponses de ChatGPT et de Copilot, et son rapport est gratuit), GA4 côté clics comme vu plus haut. Ça ne couvre pas tout, mais c’est un socle honnête pour commencer à voir quelque chose.

Notre conseil : commencez par le gratuit, et n’ajoutez un outil payant que le jour où vous avez une liste de prompts métier à surveiller. Le piège classique, c’est d’empiler trois dashboards que plus personne n’ouvre au bout de six semaines.